10-05-2005, 10:26 PM
<!--QuoteBegin--></div><table border='0' align='center' width='95%' cellpadding='3' cellspacing='1'><tr><td>QUOTE </td></tr><tr><td id='QUOTE'><!--QuoteEBegin-->
C’était il y a une dizaine d’années, je partais en week-end à Bruxelles avec ma fille âgée de 7 ou 8 ans. Arrive le péage.
– Dis papa, pourquoi tu dois donner de l’argent ?
– C’est pour payer la construction de l’autoroute.
– Mais elle est déjà construite, l’autoroute !
– Oui, mais ça va servir à construire d’autres autoroutes.
– Et sur ces autoroutes aussi, il faudra donner de l’argent ?
– Oui, bien sûr…
– Mais alors, ils vont faire des autoroutes partout-partout ?
– Non, un jour, il y aura assez d’autoroutes.
– Alors, on ne paiera plus ?
– En tout cas, c’est ce qui a été promis…
Promis, oui, mais voici très, très longtemps. Il y a prescription. En 2003, quand le gouvernement Raffarin voit approcher le terme des grands emprunts de construction qui justifient le maintien des péages, il ne se pose même pas la question de la gratuité. Mais, déjà, celle de la privatisation.
Après un âpre débat, le ministre des Transports d’alors, Gilles de Robien, obtient in extremis que l’on y renonce. Argument décisif: il ne faut pas vendre au privé une future poule aux œufs d’or. De fait, entre 2008, une fois les principaux emprunts remboursés, et 2032, à l’échéance des concessions, les Sanef, SAPRR et ASF à capitaux majoritairement publics apporteraient 1 à 2 milliards d’euros par an au budget, soit de 24 à 48 milliards. Une manne qui permettrait de financer les futures lignes de TGV, liaisons fluviales, aéroports et 4 voies que l’Etat serait autrement bien incapable d’assumer. On avait même créé en 2004 un machin prévu à cet effet, l’AFITF (Agence pour le financement des infrastructures de transport français), dont les postillonnantes initiales prédisaient bien le destin.
En 2005, ce raisonnement n’a plus cours et le gouvernement Villepin veut privatiser au nom de la priorité du moment: combler le gouffre de la dette. Laquelle se monte à 1119 milliards d’euros à l’heure ou j’écris ces lignes, et atteindra, selon mes petits calculs, 1130 milliards quand vous me lirez. Une dette dont – avions-nous opportunément appris peu avant – les seuls intérêts ponctionnent l’intégralité de l’impôt sur le revenu.
Sauf que la revente de ses participations au privé ne rapporterait à l’Etat que 11 à 12 milliards d’euros, soit environ… 1 % de la dette, ou encore un mois de déficit, au train fou où vont les choses. Là, je suis perplexe. Si mon voisin me racontait qu’il propose à son banquier le produit de la vente de son téléviseur en remboursement anticipé de son crédit immobilier, je n’en déduirais pas qu’il veut réduire son endettement. Mais qu’il n’a plus envie de regarder la télévision.
L’Etat a-t-il encore envie de se mêler de transports? Bonne question, car en plus de mettre aux enchères ses autoroutes, il est en train de se débarrasser, pardon, de décentraliser les deux tiers des routes nationales, confiées aux bons soins des départements qui n’en demandaient pas tant.
Traduction de ce désengagement pour l’usager? Son budget péage va s’envoler. En effet, les sociétés d’autoroutes ne se sont engagées que pour cinq ans à aligner la hausse des péages sur l’inflation. Ensuite, leurs nouveaux actionnaires pourront faire jouer la loi de l’offre et de la demande. D’autant que si, pour échapper à la hausse, l’envie vous prenait d’emprunter les nationales et départementales, vous pourriez y rencontrer, là aussi, barrières et guichets. En effet, de nombreux départements envisagent ouvertement le recours au péage pour faire face aux frais d’entretien et de développement des ex-nationales, devenues départementales. Des dépenses qu’ils ne pourront plus financer avec la part du péage (la taxe d’aménagement du territoire) qui leur revenait de droit avant la privatisation.
Je vous fais un résumé pour les enfants: “Comme l’Etat a vendu les autoroutes, il ne peut plus avoir les sous que j’ai donnés au péage tout à l’heure. Donc, il ne peut plus payer pour entretenir les routes. C’est pour ça qu’il y a un nouveau péage. “
Vous voyez, ce n’est pas si compliqué
<!--QuoteEnd--></td></tr></table><div class='postcolor'><!--QuoteEEnd-->
http://www.auto-moto.com/en_vedette/article.php?id=4188
C’était il y a une dizaine d’années, je partais en week-end à Bruxelles avec ma fille âgée de 7 ou 8 ans. Arrive le péage.
– Dis papa, pourquoi tu dois donner de l’argent ?
– C’est pour payer la construction de l’autoroute.
– Mais elle est déjà construite, l’autoroute !
– Oui, mais ça va servir à construire d’autres autoroutes.
– Et sur ces autoroutes aussi, il faudra donner de l’argent ?
– Oui, bien sûr…
– Mais alors, ils vont faire des autoroutes partout-partout ?
– Non, un jour, il y aura assez d’autoroutes.
– Alors, on ne paiera plus ?
– En tout cas, c’est ce qui a été promis…
Promis, oui, mais voici très, très longtemps. Il y a prescription. En 2003, quand le gouvernement Raffarin voit approcher le terme des grands emprunts de construction qui justifient le maintien des péages, il ne se pose même pas la question de la gratuité. Mais, déjà, celle de la privatisation.
Après un âpre débat, le ministre des Transports d’alors, Gilles de Robien, obtient in extremis que l’on y renonce. Argument décisif: il ne faut pas vendre au privé une future poule aux œufs d’or. De fait, entre 2008, une fois les principaux emprunts remboursés, et 2032, à l’échéance des concessions, les Sanef, SAPRR et ASF à capitaux majoritairement publics apporteraient 1 à 2 milliards d’euros par an au budget, soit de 24 à 48 milliards. Une manne qui permettrait de financer les futures lignes de TGV, liaisons fluviales, aéroports et 4 voies que l’Etat serait autrement bien incapable d’assumer. On avait même créé en 2004 un machin prévu à cet effet, l’AFITF (Agence pour le financement des infrastructures de transport français), dont les postillonnantes initiales prédisaient bien le destin.
En 2005, ce raisonnement n’a plus cours et le gouvernement Villepin veut privatiser au nom de la priorité du moment: combler le gouffre de la dette. Laquelle se monte à 1119 milliards d’euros à l’heure ou j’écris ces lignes, et atteindra, selon mes petits calculs, 1130 milliards quand vous me lirez. Une dette dont – avions-nous opportunément appris peu avant – les seuls intérêts ponctionnent l’intégralité de l’impôt sur le revenu.
Sauf que la revente de ses participations au privé ne rapporterait à l’Etat que 11 à 12 milliards d’euros, soit environ… 1 % de la dette, ou encore un mois de déficit, au train fou où vont les choses. Là, je suis perplexe. Si mon voisin me racontait qu’il propose à son banquier le produit de la vente de son téléviseur en remboursement anticipé de son crédit immobilier, je n’en déduirais pas qu’il veut réduire son endettement. Mais qu’il n’a plus envie de regarder la télévision.
L’Etat a-t-il encore envie de se mêler de transports? Bonne question, car en plus de mettre aux enchères ses autoroutes, il est en train de se débarrasser, pardon, de décentraliser les deux tiers des routes nationales, confiées aux bons soins des départements qui n’en demandaient pas tant.
Traduction de ce désengagement pour l’usager? Son budget péage va s’envoler. En effet, les sociétés d’autoroutes ne se sont engagées que pour cinq ans à aligner la hausse des péages sur l’inflation. Ensuite, leurs nouveaux actionnaires pourront faire jouer la loi de l’offre et de la demande. D’autant que si, pour échapper à la hausse, l’envie vous prenait d’emprunter les nationales et départementales, vous pourriez y rencontrer, là aussi, barrières et guichets. En effet, de nombreux départements envisagent ouvertement le recours au péage pour faire face aux frais d’entretien et de développement des ex-nationales, devenues départementales. Des dépenses qu’ils ne pourront plus financer avec la part du péage (la taxe d’aménagement du territoire) qui leur revenait de droit avant la privatisation.
Je vous fais un résumé pour les enfants: “Comme l’Etat a vendu les autoroutes, il ne peut plus avoir les sous que j’ai donnés au péage tout à l’heure. Donc, il ne peut plus payer pour entretenir les routes. C’est pour ça qu’il y a un nouveau péage. “
Vous voyez, ce n’est pas si compliqué
<!--QuoteEnd--></td></tr></table><div class='postcolor'><!--QuoteEEnd-->
http://www.auto-moto.com/en_vedette/article.php?id=4188


-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/icon_rolleyes.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='icon_rolleyes.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/vert.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='vert.gif' /><!--endemo--> <!--emo&
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/sleep2.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='sleep2.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/icon_cry.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='icon_cry.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/voyons.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='voyons.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/jap.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='jap.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/coucou.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='coucou.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/bien.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='bien.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/icon_wink.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='icon_wink.gif' /><!--endemo-->
-->[img]http://www.forum-autoroule.com/html/emoticons/dents.gif' border='0' style='vertical-align:middle' alt='dents.gif' /><!--endemo-->